Séminaire: «L’éducation au politique en Abya Yala»

10 juillet 2025 Durée: 01:25:20

Les 9 et 10 juin 2025, le Centr’ERE organisait les Journées d’étude Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socioécologique contemporain.

Le séminaire L’éducation au politique en Abya Yala réunissait :

  • Roméo Gongora, professeur à l’Ecole des arts visuels et médiatiques
  • Gina Thésée, professeure au département de didactique de l’UQAM, chercheure régulière au Centr’ERE
  • Marie-Michèle Voyer, auxiliaire de recherche au Centr’ERE

Abya Yala désigne le territoire sur lequel nous nous trouvons ici même, en présence, à Tiohtià:ke (Montréal) en territoire Kanien’kehá:ka (Mohawk). Abya Yala est le nom de cette partie du monde, ce continent, qui lui est donné par les représentants des Peuples autochtones réunis en 1992 à l’occasion du 500e anniversaire de l’arrivée des Européens qui ont colonisé ce territoire. Abya Yala est le nom donné à leur Terre ancestrale par le Peuple autochtone « Kuna », de l’actuel Panama, reconnu pour sa grande combativité. Abya Yala veut dire : « Terre de vie », « Terre de pleine maturité », et où Nature et Culture se conjuguent. À partir de leur perspective décoloniale, il n’est donc plus question d’« Amériques » (le nom colonial de ce continent), pas plus qu’il n’est question de « découverte » ou d’« Indiens », et encore moins, de « découverte des Indiens d’Amériques ».

En ce sens, le titre « Éducation au politique en Abya Yala » pose, d’emblée, le contexte « abya yalien » et la perspective décoloniale de notre dialogue sur l’éducation au politique. Une question se pose alors: une éducation au politique en Abya Yala est-elle possible en dehors des perspectives décoloniales? Notre prémisse est la suivante : en Abya Yala, du Sud au Nord, en passant par le Centre, une éducation au politique est ou devrait être de facto décoloniale. Dans cet échange, nous esquisserons une éducation au politique à partir de trois perspectives décoloniales en Abya Yala : i) les arts décoloniaux en mouvements sociaux; ii) une rencontre sensible entre une personne allochtone et une communauté autochtone; iii) le marronnage des personnes mises en esclavage. La convergence de ces trois chemins décoloniaux nous amène, à un carrefour, à une éducation au politique (EAP) dont les dimensions se déclinent ainsi : une EAP à propos de l’environnement (connaissances sur l’environnement), une EAP relative à l’environnement (rapports à l’environnement), une EAP par l’environnement (l’environnement comme moyen) et une EAP pour l’environnement (l’environnement comme finalité).